Land Art et Art Urbain

Horizon 2018

Voici les principales œuvres photographiées lors du festival Horizon Sancy 2018

Gong — Baptiste Corbet

Baptiste Corbet s’intéresse à la notion de naufrage : comment les choses se brisent et se reconstruisent. Conjointement, il développe le son comme le produit d’un phénomène physique stimulant les sens, la perception d’un espace, d’un volume et la matière qui le compose.

À flan de cascade, cette sculpture-machine-à-son prélève une petite quantité d’eau pour faire fonctionner son mécanisme composé de deux grandes roues. Gong est une machine d’acier qui produit une variation du paysage visuel et sonore du lieu, parsemé d’événements ponctuels : des coups de gong espacés. Au chuchotement de l’eau sur la roche, s’ajoute un tempo industriel rythmant le paysage. Acier brisé, rouillé, morceau échoué, l’œuvre donne l’impression de n’être que le fantôme de sa gloire passée. Peut-être responsable de son propre naufrage, il ne reste plus qu’une partie des mécanismes d’origine, tournant sans but au rythme de l’eau.

La boite de nuit — Collectif Huguettes & Michaël Martin

Huguettes est un jeune collectif composé de 3 architectes et 1 graphiste en collaboration avec Michaël Martin, architecte. Ils souhaitent explorer les concepts et les matières, envisageant le grand paysage à la fois comme support et médium de leurs interventions.
Boîte de nuit est une œuvre immersive qui propose de capturer les couleurs de la nuit du Sancy pour les offrir à la contemplation des randonneurs du jour. Sa forme primitive rappelle les burons habités à l’époque par les bergers. Perchés en altitude, ils pouvaient admirer les couleurs changeantes du paysage. Huguettes vous invite à l’intérieur de cette boîte de nuit pour apprécier, l’espace d’un instant, un prisme de teintes du coucher au lever du soleil. À la sortie, c’est la vision du paysage s’ouvrant au grand jour, les sons et les senteurs de l’estive qui vous accueilleront après votre traversée capitonnée de la nuit.

Les Perles du Lac — 4AI : Sophie Coulon & Jean-Pierre Vignaud

4AI est un atelier coopératif de design et d’architecture intérieure situé à Vichy au cœur de la ville d’eaux. Il a été fondé par Sophie Coulon, 25 ans, diplômée de l’école de Condé (Lyon) et Jean-Pierre Vignaud, 55 ans, ancien élève de l’école Boulle (Paris).

Rouge, bleu, verte, blanche, Les Perles du Lac sont le reflet du ciel flottant à la surface du lac. Elles créent une atmosphère féerique, surtout la nuit venue, lorsqu’elles sont éclairées par des lampes solaires laissant le visiteur rêveur face à une nuit étoilée. La composition s’inspire de l’organisation spatiale de nos planètes, les plus proches se reflétant dans le miroir du lac Chambon. Cette mise en scène lacustre associe la métamorphose de bouteilles d’eau et la forme sphérique et lumineuse de cette œuvre flottante. Au nombre de 13, les perles sont réalisées à partir de bouteilles en plastique percées à l’aide d’un fer à souder, lui donnant un aspect de dentelle colorée.

Les Sapins — Boris Chouvellon

Boris Chouvellon représente la ruine moderne en prélevant dans le monde réel des objets, des formes qu’il transforme ensuite dans son atelier. Il opère des déplacements et des déconnexions sur ces fragments, en les métamorphosant vers une dimension imaginaire.

L’œuvre Les sapins, disposée sur une ligne de crête, matérialise une série de 5 arbres composés de différentes pièces en bois. Le placement des arbres sur cette ligne déserte favorise leurs découpes sur le ciel, à l’image des pylônes électriques ou des éoliennes. Ainsi, dans un acte assez absurde, naît un nouveau paysage géométrique et rationnel. L’emplacement des œuvres favorise également différents niveaux de lecture, du général au particulier, du paysage panoramique à la photo souvenir sous l’arbre. De plus, le projet s’inscrit dans un processus d’économie locale et écologique : les matériaux proviennent d’une scierie du Sancy et seront recyclés après le démontage.

Lunar Trash — Olivier Thomas

Architecte de formation, Olivier Thomas se dirige ensuite vers la scénographie pour le spectacle vivant. D’une façon très globale et un peu ambitieuse, il s’intéresse à l’avenir de l’humanité de manière décalée, incongrue, voire ludique.

Lunar Trash raconte l’histoire, peu connue, d’un sac-poubelle jeté sur la Lune. Celui qui apparaît sur une photographie, aux côtés d’Armstrong, d’un drapeau américain et d’Apollo 11. Transposée sur terre par Olivier Thomas, cette anecdote de la conquête spatiale, trouve sa place au Lac d’Estivadoux. Un lac non-permanent, asséché et sans eau une partie de l’année, nous renvoyant à la mer de la Tranquillité où atterrit le module lunaire en 1969. L’œuvre illustre ainsi le rapport qu’ont les hommes avec leur environnement jusqu’au-delà des étoiles. Un geste qui n’était pas le sujet à l’époque, mais qu’il convient de requestionner, 50 ans après, pour mieux en saisir la signification et la portée symbolique.

Pierres Dissonantes — Etienne Fouchet

Etienne Fouchet est guidé par les mutations des matériaux fluides qu’il utilise. Il crée un vocabulaire de formes et de textures inspirées par les espaces aqueux, naturels, artificiels et travaille en dialogue avec l’histoire même de la sculpture.

Pierres dissonantes est composée de 6 sculptures colorées inspirées du menhir de Freydefond. Elles ont été réalisées à partir d’une empreinte en silicone puis coulées dans une résine. Sous terre, le menhir cache une partie de sa silhouette. L’artiste a alors imaginé la surface enterrée, donnant aux reproductions une dimension plus grande. L’œuvre renvoie au mystère des mégalithes, en questionnant le savoir-faire des sculpteurs du néolithique sur les rapports de force, de tenue dans l’espace, d’équilibre, d’échelle, de poids et de densité. Le liquide visqueux figé sur les pièces fait quant à lui écho à l’élément aqueux qui donne son nom au lieu et à la roche magmatique, le basalte, qui constitue le menhir.

Séquences — Pauline Repussard & Sarah Ritter

Pauline Repussard et Sarah Ritter forment un duo en correspondance depuis 2016. Leur pratique se réunit par le dialogue et l’échange d’impressions. Là où Pauline propose des agencements modulaires très réels, Sarah déplace l’intention vers un autre lieu grâce aux images.

Séquences est une installation architecturale lacunaire. De grands morceaux de structures se dessinent dans le paysage. Ils sont constitués de poutrelles et de plans imprimés en bois sur lesquels apparaissent des photographies. Entre réalité tellurique et science fiction, cette composition se situe dans un instant suspendu, figée entre deux états. Ces figures squelettiques réalisées par Pauline Repussard appartiennent au réel tandis que les images capturées par Sarah Ritter nous plongent dans un autre univers. Les photographies, réalisées à partir du site, en sont comme des extraits réunis qui semblent venir de temps et d’espaces autres. Le visiteur s’interroge et imagine...

Take a Moment — Akunzo : Karola Pezarro et Aris de Bakker

Akunzo est formé par deux artistes : Karola Pezarro et Aris de Bakker. Ils réalisent des œuvres éphémères in situ, utilisant des matériaux naturels récupérés sur place. Pour chacune de leur œuvre, une réflexion sur le site est menée, en dialogue avec la nature environnante.

Take a moment est une ode au ruisseau d’Entraigues. L’œuvre se présente comme une dentelle romantique ou une canopée suspendue au-dessus du ruisseau. Karola Pezarro et Aris de Bakker ont réalisé l’installation à partir de branches de noisetier récoltées près du site. Dans cette démarche de land art, les deux artistes hollandais ont tissé sur place les éléments entre eux. Ici, la création artistique est conçue à travers et au sein du médium de la nature. Le lieu d’implantation devient alors sujet, et engage au respect de l’environnement. Take a moment s’attache ainsi à exprimer l’esprit des lieux, amenant le randonneur à la réflexion.

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